Vous êtes en arrêt depuis plusieurs mois et vous recevez un courrier ou un appel d'un « service social de l'Assurance maladie » ou de la Carsat ? Ce n'est ni un contrôle ni une relance : c'est un service d'accompagnement, gratuit, assuré par des assistants de service social diplômés, spécialisé dans les situations où la maladie fragilise les droits et l'emploi. En 2023, il a accompagné 174 000 personnes et mené 550 000 entretiens de prévention de la désinsertion professionnelle (Igas, 2025). Et vous n'avez pas besoin d'attendre qu'il vous contacte : vous pouvez le saisir vous-même.
Quand il vous contacte
Le service social — porté par les Carsat (Cramif en Île-de-France, CGSS outre-mer) — reçoit des signalements de la CPAM, notamment :
- en cas d'arrêt de travail qui se prolonge — les caisses communiquent généralement sur les arrêts de plus de 90 jours, sans que ce seuil soit gravé dans un texte : ne vous fiez pas au calendrier, il peut vous contacter plus tôt ou plus tard ;
- lors d'un passage en invalidité ou à l'approche de la fin de droits aux indemnités journalières ;
- sur signalement du médecin-conseil, du médecin du travail ou de la cellule PDP.
Le contact prend la forme d'un courrier, d'un appel ou d'une invitation à un entretien ou à une réunion collective. Vous êtes libre d'accepter ou non : l'accompagnement est volontaire.
Quand et comment le saisir vous-même
N'attendez pas le signalement si :
- votre arrêt se prolonge et vous vous inquiétez pour votre emploi ou vos ressources ;
- vous approchez de la fin de vos droits aux indemnités journalières (voir durée d'indemnisation) ;
- on vous parle d'invalidité (pension d'invalidité) et vous n'y comprenez rien ;
- vous sentez que la reprise à votre poste sera difficile.
Trois canaux :
- le 3646 (le numéro de l'Assurance maladie) : dites « service social » ;
- votre compte ameli : via la messagerie ou le chatbot, demandez à « contacter le service social » ;
- l'accueil de votre CPAM ou CGSS.
Ce qu'il fait concrètement
L'assistant de service social travaille sur deux fronts :
Vos droits et vos ressources : vérifier vos droits aux indemnités, anticiper la fin de droits, vous orienter sur l'invalidité, la complémentaire santé, les aides financières, les démarches MDPH (RQTH) — et éviter les ruptures de ressources qui font basculer une situation.
Votre emploi (mission PDP) : entretiens individuels et ateliers collectifs pour préparer le retour, information sur les dispositifs — visite de pré-reprise, essai encadré, CRPE, formation pendant l'arrêt, temps partiel thérapeutique — et surtout coordination : le service social fait le lien entre la CPAM et son médecin-conseil, le médecin du travail et la cellule PDP de votre service de prévention, Cap emploi, et si nécessaire votre employeur. C'est souvent lui qui remet en mouvement un dossier bloqué.
Il ne remplace ni votre médecin traitant, ni le médecin du travail, ni un avocat : il ne rend pas d'avis médical et ne tranche pas les litiges — il ouvre les portes et coordonne.
Nos conseils pour l'entretien
- Préparez vos dates (début d'arrêt, prolongations) et vos courriers CPAM ;
- dites clairement où vous en êtes vis-à-vis de votre poste : ce que vous pensez pouvoir refaire, ce qui vous inquiète ;
- demandez explicitement un point sur la fin de vos droits et sur les dispositifs de maintien en emploi mobilisables dans votre cas ;
- notez le nom et les coordonnées de l'assistant social : c'est un référent que vous pourrez rappeler.
Ce que dit la loi. Le service social de l'Assurance maladie est un service social spécialisé porté par les caisses régionales (Carsat, Cramif, CGSS), au service des assurés fragilisés par la maladie, l'accident ou le handicap. Son accompagnement est volontaire et gratuit. Il participe à la prévention de la désinsertion professionnelle aux côtés des cellules PDP des services de prévention (art. L. 4622-8-1 du Code du travail) et du médecin-conseil ; l'essai encadré et les actions de formation pendant l'arrêt qu'il aide à mobiliser reposent sur l'article L. 323-3-1 du Code de la sécurité sociale.
Suis-je obligé de répondre au service social de la Carsat ?
Non. L'accompagnement est strictement volontaire et son refus n'a aucune conséquence sur vos indemnités journalières. Mais l'entretien est gratuit et souvent utile : il peut révéler des droits ou des dispositifs que personne ne vous a signalés.
Le service social peut-il parler à mon employeur ?
Il peut faire le lien avec l'employeur ou le service de prévention avec votre accord, par exemple pour préparer un aménagement ou un temps partiel thérapeutique. Il est tenu au secret professionnel et ne transmet aucune information médicale.
À partir de combien de jours d'arrêt le service social contacte-t-il les assurés ?
Il n'existe pas de seuil officiel publié ; les caisses régionales évoquent généralement les arrêts de plus de 90 jours. Dans tous les cas, vous pouvez le saisir vous-même dès que votre situation vous inquiète, sans condition de durée.
Quelle différence entre le service social de la Carsat et la cellule PDP ?
Le service social relève de l'Assurance maladie : droits, ressources, coordination globale. La cellule PDP relève de votre service de prévention et de santé au travail : poste de travail, aménagements, dispositifs médico-professionnels. Ils travaillent ensemble, et chacun peut vous orienter vers l'autre.
Pour aller plus loin
- Le parcours complet pour garder son emploi
- Cellule PDP · Essai encadré · CRPE
- Indemnités d'arrêt maladie · Pension d'invalidité · Passage des IJ à l'invalidité
- Mi-temps thérapeutique · RQTH · Cap emploi
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