Derrière ce sigle administratif se cache probablement l'interlocuteur le plus utile de votre parcours si votre santé menace votre emploi. Depuis la loi du 2 août 2021, chaque service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) doit disposer d'une cellule de prévention de la désinsertion professionnelle — cellule PDP. Fin 2023, 88 % des services en avaient une (Igas, 2025). Sa raison d'être : repérer le plus en amont possible les salariés dont la santé met l'emploi en danger, et déclencher les bons dispositifs avant qu'il ne soit trop tard.

Ses missions

La loi (art. L. 4622-8-1 du Code du travail) confie trois missions à la cellule :

  1. proposer des actions de sensibilisation à la prévention de la désinsertion, auprès des employeurs et des salariés ;
  2. identifier les situations individuelles à risque, le plus précocement possible ;
  3. proposer, en lien avec l'employeur et le salarié, les mesures individuelles adaptées : aménagement ou adaptation du poste, visite de pré-reprise, essai encadré, CRPE, orientation vers Cap emploi, montage d'un dossier RQTH

C'est une équipe pluridisciplinaire, animée et coordonnée par un médecin du travail, qui associe selon les services un infirmier en santé au travail, un assistant de service social du travail, un ergonome, un psychologue du travail, un référent handicap ou maintien en emploi. La composition exacte varie d'un service à l'autre : la loi fixe les missions, pas l'organigramme.

Qui la saisit — et oui, vous le pouvez

Le signalement arrive par plusieurs canaux :

  • le médecin du travail, souvent après une visite de pré-reprise, une visite à la demande ou un rendez-vous de liaison ;
  • le médecin-conseil de l'Assurance maladie, qui repère les arrêts longs ;
  • le service social de l'Assurance maladie (Carsat, Cramif, CGSS) ;
  • vous-même : vous pouvez contacter directement votre SPSTI (ses coordonnées figurent sur votre convocation aux visites médicales ou auprès de votre employeur) et demander à être mis en relation avec la cellule PDP. Le chemin le plus sûr est de demander une visite à la demande auprès du médecin du travail (art. L. 4624-1) : elle peut avoir lieu même pendant l'arrêt, sans que le motif soit communiqué à l'employeur, et le médecin fait le lien avec la cellule. Les modalités d'accès direct varient selon les services : certains ont un formulaire ou une ligne dédiée, d'autres passent systématiquement par le médecin du travail.

Ce que la cellule déclenche concrètement

Une fois votre situation identifiée, la cellule peut, selon les cas :

  • organiser une visite de pré-reprise pour préparer le retour pendant l'arrêt ;
  • monter un essai encadré ou une CRPE avec la CPAM ;
  • proposer des aménagements de poste à l'employeur, appuyés sur l'avis du médecin du travail ;
  • vous orienter vers une formation pendant l'arrêt (bilan de compétences, VAE) ;
  • vous accompagner dans une demande de RQTH et mobiliser Cap emploi et les aides de l'Agefiph ;
  • coordonner les acteurs — employeur, CPAM, médecin traitant — pour que le dossier avance.

Pourquoi le signalement précoce change tout

Le rapport Igas de décembre 2025 est sans ambiguïté : 130 000 inaptitudes en 2023, la grande majorité suivies d'un licenciement, et 3 à 4 % seulement de maintien en emploi quand l'orientation vers Cap emploi n'intervient qu'au stade du licenciement pour inaptitude. À l'inverse, une situation signalée dès le premier mois d'arrêt laisse le temps de tester, d'aménager, de former. Si votre médecin vous dit que la reprise à l'identique sera difficile, ne laissez pas passer des mois : signalez-vous.

Ce que dit la loi. L'article L. 4622-8-1 du Code du travail (art. 18 de la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021) impose à chaque service de prévention et de santé au travail interentreprises une cellule pluridisciplinaire de prévention de la désinsertion professionnelle, animée et coordonnée par un médecin du travail, chargée de proposer des actions de sensibilisation, d'identifier les situations individuelles à risque et de proposer, en lien avec l'employeur et le salarié, les mesures individuelles d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste ou du temps de travail.

Comment savoir si mon service de prévention a une cellule PDP ?

88 % des services interentreprises en avaient une fin 2023 : la probabilité est forte. Appelez votre SPSTI (coordonnées sur vos convocations de visite médicale) et demandez la « cellule PDP » ou le « maintien en emploi ». Si votre entreprise a un service autonome, adressez-vous directement au médecin du travail.

Puis-je saisir la cellule PDP pendant mon arrêt de travail ?

Oui, et c'est même le meilleur moment. Contactez votre service de prévention ou demandez une visite (pré-reprise ou visite à la demande) : ces visites peuvent se tenir pendant l'arrêt. Voir visite médicale pendant un arrêt maladie.

Mon employeur sera-t-il informé ?

Le médecin du travail et la cellule sont tenus au secret médical : rien de médical n'est transmis à l'employeur. En revanche, les mesures proposées (aménagement, essai encadré, CRPE) se construisent par définition « en lien avec l'employeur et le salarié » — l'employeur est donc associé au moment où une mesure le concerne, pas avant. Pour la pré-reprise, vous pouvez vous opposer à ce qu'il soit informé de la tenue de la visite (décret n° 2026-503).

La cellule PDP peut-elle imposer un aménagement à mon employeur ?

Non : elle propose, et le médecin du travail préconise (art. L. 4624-3). L'employeur doit prendre en compte ces préconisations et motiver par écrit un éventuel refus. Voir refus d'aménagement par l'employeur.

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