De quoi on parle

Le syndrome d'épuisement professionnel associe un épuisement émotionnel, un détachement vis-à-vis du travail et une perte d'efficacité, dans un contexte d'exigences chroniques dépassant les ressources. Ce n'est pas une maladie au sens des classifications, mais un ensemble de symptômes qui s'accompagnent souvent d'un trouble anxieux ou dépressif, lui diagnostiqué. C'est ce diagnostic qui figure sur les certificats.

S'arrêter

L'arrêt de travail est prescrit par le médecin traitant ou le psychiatre. Il est fréquent qu'il soit long, plusieurs mois. L'arrêt relève de la maladie ordinaire, avec carence de trois jours et indemnités journalières à 50 %, sauf reconnaissance ultérieure en AT ou MP.

Si l'épuisement s'est manifesté par un événement daté (malaise sur le lieu de travail, effondrement après un entretien), déclarez un accident du travail dans les 24 heures : la présomption d'imputabilité joue, et l'indemnisation est meilleure. Cette voie est bien plus accessible que la maladie professionnelle.

La reconnaissance en maladie professionnelle

Aucun tableau ne vise le burn-out ni la dépression. La reconnaissance passe par le CRRMP, à deux conditions : un lien essentiel et direct avec le travail habituel, et un taux d'incapacité permanente prévisible d'au moins 25 %. Ce seuil correspond à des états graves et durables. Les reconnaissances existent, elles augmentent, mais elles restent une minorité des demandes. Un dossier solide comporte les certificats du psychiatre, les éléments sur les conditions de travail, les alertes antérieures et le dossier médical en santé au travail.

Pendant l'arrêt : le médecin du travail

Demandez une visite de pré-reprise dès que vous vous en sentez capable, sans attendre la fin de l'arrêt. Le médecin du travail évalue avec vous ce qui a conduit à l'épuisement et ce qui doit changer : charge, horaires, encadrement, poste. Il peut préconiser un temps partiel thérapeutique, un télétravail, un changement d'équipe ou de fonction. Il peut alerter l'employeur sur une organisation à risque.

Si vous souhaitez que l'employeur ne soit pas informé de la visite, dites-le au médecin.

Le retour

Reprendre à temps plein au même poste sans rien changer est la première cause de rechute. La visite de reprise est obligatoire après 60 jours d'arrêt. Utilisez-la pour formaliser les aménagements. L'employeur doit les appliquer ou motiver son refus par écrit. Si les conditions qui ont conduit à l'arrêt persistent, le médecin du travail peut constater une inaptitude au poste, avec obligation de reclassement.

Quand le retour n'est pas possible

Une inaptitude reste, en droit du travail, non professionnelle tant que la pathologie n'a pas été reconnue en AT ou MP et que l'employeur n'en a pas connaissance. L'indemnité de licenciement est alors simple. Si des faits de harcèlement ou un manquement de l'employeur à son obligation de sécurité sont à l'origine de l'épuisement, une action prud'homale distincte est possible.

Questions fréquentes

Le médecin du travail peut-il m'arrêter ?

Non. Il peut vous conseiller de consulter votre médecin traitant et lui écrire. L'arrêt est prescrit par le médecin traitant.

L'employeur peut-il me demander de justifier d'un burn-out ?

Il reçoit l'arrêt de travail sans motif médical. Il ne peut exiger ni diagnostic ni certificat détaillé.

Une rupture conventionnelle est-elle une bonne sortie ?

Parfois, si elle est négociée avec conseil et à un montant tenant compte de la situation. Signée dans l'épuisement, sans conseil, elle est souvent regrettée. Faites-vous accompagner.

Vérifiez votre cas en deux minutes

Nos simulateurs appliquent les règles de cette page à votre situation.

Voir les outils