À quoi elle sert
La visite de pré-reprise a lieu pendant l'arrêt de travail, avant votre retour. Son objectif est d'anticiper : le médecin du travail évalue si vous pourrez reprendre votre poste, à quelles conditions, et ce qu'il faut préparer. Il peut recommander des aménagements ou adaptations du poste, des préconisations de reclassement, ou des formations professionnelles à organiser pour faciliter votre retour ou votre réorientation.
Elle est particulièrement utile quand vous savez que vous ne pourrez pas reprendre exactement comme avant : après une opération, un accident, un épuisement, ou quand vous envisagez un temps partiel thérapeutique.
Ce que dit la loi. Articles L.4624-2-4 et R.4624-29 : en vue de favoriser le maintien dans l'emploi des travailleurs en arrêt de travail d'une durée de plus de trente jours, une visite de préreprise peut être organisée par le médecin du travail à l'initiative du travailleur, du médecin traitant, des services médicaux de l'assurance maladie ou du médecin du travail lui-même.
Qui la demande
Vous, directement auprès du service de santé au travail. Votre médecin traitant, qui peut l'indiquer sur un courrier. Le médecin-conseil de la CPAM, qui le fait souvent dans les arrêts longs. L'employeur, lui, ne peut pas l'imposer, mais il peut vous en informer.
Elle est possible dès que votre arrêt dépasse 30 jours, y compris pour un arrêt d'origine non professionnelle. Il n'y a pas de limite au nombre de visites de pré-reprise.
Ce que l'employeur en sait
Jusqu'au 14 juin 2026, l'employeur n'était informé que si le médecin formulait des recommandations. Depuis le décret n° 2026-503, applicable aux arrêts prescrits à compter du 15 juin 2026, le médecin du travail informe l'employeur de l'organisation de la visite même sans recommandation, sauf si vous vous y opposez.
Si vous ne souhaitez pas que l'employeur sache que vous avez vu le médecin du travail, dites-le au médecin lors de la visite. Votre opposition bloque l'information. Le contenu médical, lui, n'est jamais transmis, seulement l'existence de la visite et les éventuelles recommandations.
La dispense de visite de reprise
Toujours pour les arrêts prescrits à compter du 15 juin 2026, la visite de reprise n'est plus requise si deux conditions sont réunies : la pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours précédant la reprise effective, et le médecin y a conclu qu'aucune mesure d'aménagement du poste ou du temps de travail n'était nécessaire. Dans les autres cas, la visite de reprise reste due.
Cette dispense est une possibilité, pas une obligation : le médecin ou l'employeur peuvent maintenir la visite de reprise.
Ce qu'elle ne fait pas
La visite de pré-reprise ne met pas fin à la suspension du contrat : vous restez en arrêt. Elle ne permet pas de conclure à une inaptitude : le médecin peut vous dire qu'il envisage une inaptitude, et vous conseiller sur la suite, mais l'avis ne sera rendu que lors d'une visite de reprise ou d'un examen organisé à l'initiative de l'employeur.
Comment la préparer
Apportez les comptes rendus médicaux utiles (hospitalisation, spécialiste), votre fiche de poste si vous l'avez, et une idée de ce que vous pouvez ou ne pouvez plus faire. Réfléchissez à ce que vous souhaitez : reprise à temps partiel, changement de poste, aménagement d'horaires. Le médecin ne peut recommander que ce qu'il a compris de votre situation.
Questions fréquentes
La visite est-elle rémunérée ?
Vous êtes en arrêt, donc indemnisé par la Sécurité sociale. Le temps de la visite n'est pas rémunéré en plus. Les frais de déplacement ne sont pas pris en charge par l'employeur.
L'employeur peut-il refuser d'appliquer les recommandations ?
Il doit les prendre en compte et, s'il refuse, motiver son refus par écrit au médecin du travail. Un refus non justifié peut engager sa responsabilité (Cass. soc. 13 nov. 2025, n° 24-14.322).
Puis-je demander un mi-temps thérapeutique lors de la pré-reprise ?
Vous pouvez en discuter, et le médecin du travail peut le préconiser. La prescription reste faite par votre médecin traitant. Le mi-temps thérapeutique.
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