Les délais prévus par les textes

  • VIP d'embauche : dans les 3 mois de la prise de poste (avant l'affectation pour certains postes).
  • Visite de reprise : le jour de la reprise ou au plus tard dans les 8 jours (article R.4624-31). C'est elle qui met officiellement fin à la suspension du contrat.
  • Visite de pré-reprise : pendant l'arrêt, sans délai imposé — c'est vous (ou votre médecin) qui la déclenchez.
  • Visite à la demande : à tout moment (article R.4624-34), sans délai légal de convocation.
  • Périodicités : 5 ans maximum pour le suivi classique, 3 ans pour certains salariés, mi-carrière à 45 ans.

La réalité des délais

Beaucoup de services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) manquent de médecins. Selon les territoires, un rendez-vous « non urgent » peut prendre de quelques jours à plusieurs mois, et des visites périodiques sautent purement et simplement. Deux conséquences pratiques : d'abord, une visite en retard ne vous fait perdre aucun droit — l'obligation pèse sur l'employeur et le service, pas sur vous ; ensuite, plus votre demande est précise (motif, urgence, demande expresse du médecin du travail plutôt que d'un entretien infirmier), mieux elle est priorisée. Pour trouver et contacter votre service, l'annuaire arrive sur /spsti/.

Que faire quand la visite n'est pas organisée

  1. Demandez par écrit à l'employeur (mail suffit) l'organisation de la visite due, en citant le texte. Modèle prêt à l'emploi : demande de visite au médecin du travail, ou via le générateur de courriers.
  2. Doublez la demande auprès du SPSTI directement — pour la visite à la demande, vous n'avez même pas à passer par l'employeur.
  3. Mettez en demeure l'employeur en recommandé si rien ne vient : c'est la pièce qui compte ensuite. Pour la reprise, utilisez le modèle mise en demeure d'organiser la visite de reprise.
  4. Saisissez l'inspection du travail en cas de silence persistant : l'absence d'organisation des visites obligatoires est un manquement de l'employeur, qui peut être sanctionné.
  5. Aux prud'hommes, le défaut de visites obligatoires peut fonder des dommages-intérêts si vous démontrez un préjudice (aggravation, perte de chance d'aménagement).

Le cas critique : la visite de reprise qui bloque le retour

Après un arrêt qui l'exige (maternité, maladie professionnelle, accident du travail d'au moins 30 jours, maladie ou accident non professionnel d'au moins 60 jours), tant que la visite de reprise n'a pas eu lieu, le contrat reste suspendu : vous êtes dans un entre-deux où l'employeur peut refuser de vous faire travailler… tout en devant organiser la visite. S'il vous laisse dans ce no man's land, tenez-vous à disposition par écrit : un salarié qui se tient à la disposition de son employeur en attendant la visite de reprise peut prétendre à son salaire. La marche à suivre détaillée, avec le simulateur, est sur visite de reprise et simulateur visite de reprise. Depuis 2026, une pré-reprise récente sans préconisation peut dispenser de visite de reprise dans certains cas : voyez le décret 2026-503.

Qui paie : l'employeur, jamais le salarié

Le financement de la santé au travail repose intégralement sur l'employeur : cotisation au SPSTI ou service autonome (article L.4622-6 du Code du travail). Le temps de visite est du temps de travail rémunéré, transport compris (article R.4624-39). Aucun service, aucun professionnel ne peut vous facturer quoi que ce soit, et un employeur ne peut ni retenir le coût sur votre salaire, ni vous demander d'avancer des frais.

Ce que dit la loi. La visite de reprise a lieu le jour de la reprise ou au plus tard dans les huit jours (article R.4624-31 du Code du travail). La VIP intervient dans les trois mois de la prise de poste (article R.4624-10) et tout salarié peut solliciter une visite à tout moment (article R.4624-34). Les dépenses des services de prévention et de santé au travail sont à la charge des employeurs (article L.4622-6) ; le temps des visites est pris sur le temps de travail ou rémunéré comme tel (article R.4624-39).

Mon employeur dit que c'est la faute du service de santé au travail : qui est responsable ?

Vis-à-vis de vous, l'employeur : c'est à lui de saisir le service et de prouver ses diligences. Les difficultés du SPSTI ne l'exonèrent pas de son obligation de sécurité.

Puis-je travailler en attendant ma visite de reprise ?

Si l'employeur vous fait reprendre sans visite alors qu'elle est obligatoire, il prend un risque, pas vous — mais signalez par écrit que la visite reste due. En cas d'accident dans cette période, sa responsabilité est engagée.

Combien de temps pour une visite à la demande ?

Aucun délai n'est fixé par les textes. Indiquez le degré d'urgence au service ; si votre état se dégrade, dites-le explicitement et passez par votre médecin traitant pour appuyer la demande.

La visite peut-elle se faire à distance pour aller plus vite ?

Parfois, avec votre accord : voyez la téléconsultation en santé au travail. Ne l'acceptez pas si votre situation nécessite un examen physique.

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