Créé par la loi « santé au travail » du 2 août 2021, le rendez-vous de liaison est l'un des dispositifs les moins connus de l'arrêt long — et l'un des plus simples. Ce n'est pas une visite médicale : c'est un échange entre vous et votre employeur, auquel le service de prévention et de santé au travail est associé, pour maintenir le lien pendant l'arrêt et vous informer de ce qui peut faciliter votre retour.
Concrètement, à quoi ça sert
Pendant un arrêt long, le silence s'installe vite entre le salarié et l'entreprise. Le rendez-vous de liaison sert à le rompre de façon cadrée :
- garder un contact avec l'employeur sans pression sur la date de reprise ;
- être informé de vos droits : actions de prévention de la désinsertion professionnelle, visite de pré-reprise, mesures d'aménagement du poste ou du temps de travail ;
- évoquer, si vous le souhaitez, les conditions concrètes d'un retour (progressivité, essai encadré, télétravail…).
Il peut se tenir à distance (visioconférence, téléphone). Vous n'avez aucune information médicale à donner : votre pathologie, votre traitement et votre pronostic ne regardent ni l'employeur ni personne d'autre que vos médecins.
Les conditions
- Seuil : un arrêt de travail supérieur à 30 jours (durée fixée par l'article D. 1226-8-1 du Code du travail), quelle qu'en soit la cause — maladie, accident du travail, maladie professionnelle.
- Facultatif, dans les deux sens : il n'a lieu que si l'une des parties le souhaite. Si l'employeur le propose, il doit vous informer que vous pouvez refuser, et ce refus n'a aucune conséquence — ni sur votre contrat, ni sur vos indemnités.
- Pendant l'arrêt : il se tient pendant la suspension du contrat. Ce n'est pas du temps de travail : aucune rémunération spécifique, vos indemnités journalières continuent normalement.
- Le service de prévention est associé : un membre du service de prévention et de santé au travail participe ou est informé, ce qui fait le pont avec la cellule PDP et le médecin du travail.
Comment le demander
- Écrivez à votre employeur (courriel ou courrier) en demandant l'organisation d'un rendez-vous de liaison au titre de l'article L. 1226-1-3 du Code du travail. Utilisez notre modèle : demande de rendez-vous de liaison.
- Précisez si vous préférez un échange à distance.
- Ne joignez aucun document médical et n'indiquez pas votre pathologie.
Préparer ce que vous allez dire (et ne pas dire)
À dire, si vous le souhaitez :
- que vous souhaitez préparer votre retour et connaître les dispositifs mobilisables ;
- vos interrogations concrètes : le poste sera-t-il toujours là, des aménagements sont-ils envisageables, une reprise progressive est-elle possible ;
- que vous demanderez une visite de pré-reprise le moment venu.
À ne pas dire :
- votre diagnostic, vos traitements, la durée prévisible de l'arrêt : le secret médical vous protège, et seul le médecin du travail est habilité à traduire votre état de santé en préconisations pour l'employeur ;
- un engagement ferme sur une date de reprise : c'est votre médecin traitant qui en décide avec vous.
Si l'échange tourne mal (pression pour reprendre, questions médicales insistantes), vous pouvez y mettre fin et en parler au médecin du travail — au besoin via une visite à la demande.
Ce que dit la loi. L'article L. 1226-1-3 du Code du travail (créé par la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021) prévoit que le salarié en arrêt de plus de 30 jours peut bénéficier d'un rendez-vous de liaison avec l'employeur, associant le service de prévention et de santé au travail, afin de l'informer qu'il peut bénéficier d'actions de prévention de la désinsertion professionnelle, de l'examen de pré-reprise et de mesures d'aménagement du poste et du temps de travail. Il est organisé à l'initiative de l'employeur ou du salarié ; aucune conséquence ne peut être tirée du refus du salarié. Le seuil de 30 jours est fixé par l'article D. 1226-8-1 (décret n° 2022-373 du 16 mars 2022).
Le rendez-vous de liaison est-il obligatoire ?
Non. Il n'a lieu que si vous ou votre employeur en prenez l'initiative, et vous pouvez toujours refuser celui que l'employeur propose, sans aucune conséquence. L'employeur doit d'ailleurs vous informer de ce droit de refus.
Est-ce une visite médicale ?
Non. Aucun médecin ne vous examine, aucun avis d'aptitude n'est rendu. C'est un échange employeur-salarié, avec le service de prévention associé. La dimension médicale du retour relève de la visite de pré-reprise puis de la visite de reprise.
Dois-je parler de ma maladie à mon employeur ?
Non, jamais. Le secret médical couvre votre diagnostic et vos traitements. Vous pouvez parler de vos besoins concrets (horaires, port de charges, trajets) sans rien dire de médical — et laisser le médecin du travail formuler les préconisations.
Le rendez-vous de liaison compte-t-il comme du travail ?
Non. Il se tient pendant la suspension du contrat, ne donne lieu à aucune rémunération spécifique et ne modifie ni votre arrêt ni vos indemnités journalières.
Pour aller plus loin
- Le parcours complet pour garder son emploi
- Visite de pré-reprise · Visite de reprise · Visite à la demande
- Cellule PDP · Essai encadré · Aménagement de poste
- Modèle : demande de rendez-vous de liaison · Outil : générateur de courriers
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