Contrairement à la contre-visite de l'employeur, le contrôle de la CPAM est mené par le service du contrôle médical de l'Assurance maladie — et lui seul peut suspendre vos indemnités journalières. Voici comment il fonctionne et comment réagir.
Comment se passe le contrôle
Le contrôle peut prendre deux formes :
- Une convocation au service médical de la caisse : vous recevez un courrier avec date et lieu. La présence est obligatoire ; en cas d'empêchement sérieux (hospitalisation, impossibilité de vous déplacer), signalez-le immédiatement à la caisse pour obtenir un report ou une visite à domicile. Ne pas se présenter sans motif valable entraîne la suspension des IJ.
- Une visite d'un praticien-conseil à votre domicile, pendant les heures de présence obligatoire (voir sorties autorisées).
Le médecin-conseil examine votre situation et rend un avis : arrêt justifié, ou arrêt qui n'est plus médicalement justifié.
Un contrôle peut être déclenché de façon systématique (arrêts longs, arrêts répétés), de manière aléatoire, ou après un signalement — notamment la transmission du rapport d'un médecin mandaté par l'employeur.
Avis défavorable : ce qui se passe
Si le service médical estime que l'arrêt n'est plus justifié :
- La caisse vous notifie la suspension des indemnités journalières à compter d'une date donnée. La notification précise les voies de recours.
- La caisse en informe l'employeur : le complément de salaire s'arrête généralement aussi, puisqu'il est adossé aux IJ.
- Vous devez reprendre le travail à la date indiquée — sauf à contester l'avis (voir plus bas). Ne restez pas chez vous sans rien faire : sans IJ et sans reprise, vous n'êtes plus couvert et l'absence pourrait vous être reprochée.
- Si votre médecin vous prescrit un nouvel arrêt dans les jours qui suivent la suspension, la caisse le soumet à l'avis de son service médical avant de verser à nouveau des IJ : un nouvel arrêt de complaisance immédiat n'y échappe pas.
Avant la reprise après un arrêt long, pensez à la visite de reprise : au-delà de 60 jours d'arrêt, elle est obligatoire.
Contester l'avis du service médical
La contestation d'une décision d'ordre médical suit une procédure spécifique :
- Saisissez la commission médicale de recours amiable (CMRA) dans les 2 mois de la notification, par courrier recommandé (l'adresse figure sur la notification). La commission réexamine votre dossier médical.
- En cas de rejet (ou de silence), vous pouvez saisir le tribunal judiciaire (pôle social), à nouveau dans un délai de 2 mois.
- À l'appui du recours : certificats de votre médecin traitant, comptes rendus de spécialistes, éléments montrant que la reprise est prématurée. Votre médecin peut aussi prendre contact avec le médecin-conseil.
Pendant le recours, la suspension des IJ s'applique : le recours n'est pas suspensif. Si vous obtenez gain de cause, les IJ sont régularisées rétroactivement.
Reprise : ne pas rester dans le flou
Si vous reprenez après la suspension, demandez si une visite de reprise est due (arrêt de plus de 60 jours) et, si votre état reste fragile, sollicitez le médecin du travail : une visite à la demande peut déboucher sur un aménagement de poste. La suspension des IJ ne signifie pas que vous êtes apte à tout : seul le médecin du travail apprécie l'aptitude au poste.
Ce que dit la loi. Le service du contrôle médical de l'Assurance maladie contrôle le bien-fondé des arrêts de travail (articles L.315-1 et L.315-2 du Code de la sécurité sociale) ; son avis s'impose à la caisse, qui suspend le versement des indemnités journalières. Le bénéfice des IJ est subordonné aux obligations de l'article L.323-6 du même code (se soumettre aux contrôles, respecter les prescriptions). Les décisions de la caisse mentionnent les délais et voies de recours.
Que se passe-t-il si je ne vais pas à la convocation de la CPAM ?
Sans motif légitime, la caisse suspend vos indemnités journalières. Si vous ne pouvez vraiment pas vous déplacer, prévenez immédiatement le service médical : un report ou un examen à domicile peut être organisé.
La CPAM peut-elle me contrôler à domicile sans prévenir ?
Oui, pendant les heures de présence obligatoire (9 h-11 h et 14 h-16 h, sauf sorties libres prescrites). Une absence non justifiée peut entraîner une retenue sur vos indemnités.
Mon employeur est-il informé du contrôle CPAM ?
Il est informé d'une suspension des IJ (ce qui interrompt en général son complément), mais jamais du contenu médical de votre dossier : le secret médical s'applique au service médical comme à votre médecin.
Puis-je être en arrêt à nouveau juste après une suspension ?
Oui, si votre état le justifie, mais le nouvel arrêt prescrit peu après une suspension est soumis à l'avis du service médical avant tout nouveau versement d'IJ. Faites documenter précisément votre état par votre médecin.
Pour aller plus loin
- Sorties autorisées et heures de présence
- Contre-visite organisée par l'employeur
- Vos indemnités journalières
- Visite de reprise
- Hub arrêt maladie
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